HOME - Sophie Pirot

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Sophie Pirot propose des œuvres issues d'images qu'elle découpe, torture ou magnifie de manière intentionnellement sobre et monochrome, afin de proposer des œuvres à la fois délicates et rugueuses, sombres et lumineuses, reposantes et anxieuses.

Même les cathédrales ne sont pas éternelles - Memento Mori

Comme les vagues et le vent effacent les mots gravés dans le sable, les émotions qui ont pu paraître d’une violence inouïe disparaitront sous l’écorce de l’oubli. Le corps, le coeur, l’âme exultant de passion ou à vif de douleurs s’apaiseront sous la ténacité du temps qui passe. La clepsydre, implacable, compte les jours qui restent avec la régularité d’un métronome et rappelle avec cynisme et cruauté que tout est éphémère, même l’Homme, cancrelat à l’échelle de l’univers. Cet homme devrait alors ne pas s’économiser, respirer, écouter, partager sans compter. Aimer et vibrer, essayer d’effleurer la quintessence de la vie, toutes ces choses qui finalement se donnent sans jamais s’épuiser. Et peut-être éviter la faillite du monde. Par le biais de mes peintures où le sujet se délave et disparaît, je tente d’exprimer cette obsolescence. À l’heure où la tendance est au repli sur soi et plane la menace de l’érosion dans la mémoire collective des événements qui ont marqué notre humanité, j’exprime aussi mon espoir que subsistent quelques traces presque immatérielles d’erreurs à ne pas répéter. Jusqu’au-boutiste dans ma démarche, je délaverai évidemment d’anciens travaux, mettant en point d’orgue mon autoportrait.... Ecrivain à mes heures, je consigne mes textes dans un recueil intitulé « Catharsis Alegrìa ». Ce sont ces textes qui accompagnent certaines de mes peintures.


http://www.sophiepirot.be/koken/preview.php?/albums/memento-mori-1/

"Infrangible" 160*120 cm


"A propos des peintures de Sophie Pirot

Des enfants escaladent la surface de la toile, dansent entre deux lignes de fuite, sucent leur pouce dans le sucre des glacis, s’endorment dans le cadre de la peinture. Des femmes se dérobent au regard, se débattent dans leur châssis, reprennent leur souffle dans les mille variations du blanc au noir. Sophie cadre une image comme l’on sert un cou, le corps n’est plus qu’un assemblage de chairs contraintes, qu’un lacis d’ombres et de lumières incarnées. Portraits corsetés, fines lingeries de l’œil, désirs lacés, et le voyeur assiste, interdit, à ce spectacle fixe et monochrome. Mais ces corps peuvent aussi s’éclairer de couleurs, s’en asperger, comme d’un parfum, jusqu’à l’ivresse. Les membres se font alors gestes de peinture, s’abstraient et flottent en apesanteur dans un espace polychrome inédit. Et un arc-en-ciel apparaît au-dessus de la forêt, la lumière s’alliant aux eaux de la peinture, dans cette union sacrée. Et des cerfs surgissent des futaies, leurs bois encore humides de ce miracle. Partie d’une pratique abstraite aux matières géométriques, Sophie a ensuite affuté son art en allant à la rencontre de la représentation du réel via le corps. Aujourd’hui elle ose à nouveau des compositions plus abstraites, forte de son expérience de la figuration. La sécheresse des débuts a laissé la place à un lyrisme lumineux, libéré des conventions, Sophie peut maintenant laisser pleinement s’exprimer sa singularité.

François Liénard, décembre 2017

Les femmes de Sophie se contorsionnent, se tordent dans leur cadre, claquemurent leurs désirs et leurs peines, se font violence dans leurs monochromes. Peintures corsetées, soyeuses, lingeries fines du noir et du blanc. Dans Delicate, le cadrage est si serré que le corps n’est plus qu’une abstraction de chairs, qu’un entrelacs d’ombres et de lumières. S’il fallait tracer des parallèles avec d’autres arts, c’est vers la photographie que nous partirions, du côté des poses et des natures mortes d’Edward Weston ou d’Imogen Cunningham. Dans Breathe, c’est le vent qui construit littéralement l’image, dans The Dream Maker c’est la tension d’un lacet de corset, dans Who Are You, c’est un pan de nuit. Tout l’art de peindre est là, et le sujet finit par importer peu en fin de compte. Sophie possède cet art du cadrage qui emporte le corps au-delà de ses désirs pour aborder le territoire des lignes et des formes qui nous content d’autres histoires, qui nous transportent vers un ailleurs. Dans Bliss, une femme quitte le noir et blanc et s’asperge de couleurs, c’est une belle manière de parler de peinture et de l’illustrer sans détours. Et dire qu’il y a quelques années seulement, Sophie s’emmêlait les pinceaux dans des abstractions aux matières rugueuses, aux reliefs inutiles. La représentation du corps a libéré son art, lui a offert un monde à peindre qui n’est pas prêt de s’épuiser."

François Liénard, août 2014.

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